Richard Wagner et la Suisse Romande

Richard Wagner a maintes fois séjourné en Suisse. Il a même passé dans ce pays quelques-unes de ses plus belles années, y a donné naissance à des écrits théoriques et des œuvres musicales essentiels. Les séjours du compositeurs à Zurich et à Tribschen comptent parmi les moments les plus décisifs de son existence. Les nombreuses excursions réalisées dans les Alpes ont laissé au musicien des souvenirs qui ont souvent trouvé leur expression dans ses drames musicaux.

L’essentiel du chapitre « Wagner et la Suisse » se déroule dans la partie germanophone du pays, mais le compositeur est également venu plusieurs fois en Suisse Romande où il a parfois laissé quelques souvenirs de son passage, dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais.

C’est au printemps 1850 que Wagner séjourne pour la première fois en Suisse Romande. En plein milieu des soubresauts de son affaire amoureuse avec Jessie Laussot, jeune femme mariée de 22 ans, il arrive depuis Paris à Genève fin avril. Il décide de s’installer pendant quelques temps à l’autre bout du Lac Léman, à Villeneuve. Installé à l’Hôtel Byron, il nourrit le plan de quitter l’Europe pour l’Orient avec Jessie, mais apprend bientôt que celle-ci a avoué ces plans à sa mère et que le mari est au courant lui aussi. Wagner part alors pour Bordeaux dans l’espoir de s’expliquer avec l’époux, mais le couple s’est retiré à la campagne. Dénoncé à la police par la famille Laussot, le compositeur est de retour à Villeneuve le 19 mai.  C’est à l’Hôtel Byron qu’il fête ses 37 ans, le 22 mai 1850, en compagnie de son ami Karl Ritter, de la sœur et de la mère de celui-ci. Depuis Villeneuve, plusieurs excursions sont organisées dans les Alpes, notamment dans la vallée de Viège et à Zermatt. Wagner quitte l’hôtel début juin pour se rendre à Thoune, toujours en compagnie de Karl.

Exilé interdit de séjour sur sol allemand, malheureux dans son mariage avec Minna Planner, Wagner est alors en train de préparer sa révolution artistique: ses écrits théoriques Die Kunst und die Revolution et Das Kunstwerk der Zukunft viennent d’être publiés et les premières esquisses musicales de Siegfrieds Tod – futur Götterdämmerung – voient le jour pendant l’été 1850.

Richard Wagner peint par Edmond Jean de Pury

Edmond Jean de Pury: Richard Wagner en 1880

Le 8 juillet 1854, Richard Wagner arrive à Sion. Il est invité par la Société helvétique de musique à l’occasion de la Fête fédérale de la musique, qui se tient du 10 au 12 juillet. Le compositeur a refusé d’assurer la direction musicale de l’événement, mais a accepté d’y diriger la Symphonie n° 7 de Ludwig van Beethoven. Il a déjà retiré de l’affiche l’ouverture de son opéra Tannhäuser, doutant de la qualité des forces musicales présentes.

Aux yeux du compositeur, le concert sédunois est surtout l’occasion de profiter du déplacement pour réaliser une excursion dans les Alpes qu’il affectionne tout particulièrement, en compagnie de son ami Karl Ritter.

Dès son arrivée, Wagner est épouvanté par les conditions présentes et par la piètre qualité de l’orchestre rassemblé dans la cathédrale de Sion. Il faut ici rappeler qu’en 1854, la cité ne compte alors que 3’000 habitants et n’est pas encore raccordée au réseau ferroviaire. Les conditions ne sont donc pas celles d’une grande ville. Les musiciens sont en nombre insuffisant et mal préparés, tandis que le temps de répétition à disposition est trop court pour garantir une exécution décente de la symphonie.

Énervé, Wagner confie à Albert Methfessel, directeur musical de la Fête, le soin de diriger l’œuvre de Beethoven et quitte Sion la veille du concert. Il confie à sa femme Minna que le niveau musical était celui d’une « kermesse de village ».

Zoom

Villa Les Artichauts

En 1865, Wagner se voit banni de Munich et en quête d’une nouvelle résidence. De passage à Genève, il découvre dans le quartier de Sécheron un coin de nature où se trouve la Villa Les Artichauts qu’il loue pour quelques mois. Il y séjourne de décembre 1865 jusqu’à fin mars 1866. C’est dans ce lieu qu’il poursuit la composition de Die Meistersinger von Nürnberg et dicte à Cosima une partie de son autobiographie.

La Villa Les Artichauts est détruite dans les années 1960, mais le Parc des Cropettes existe toujours et cet écrin de nature permet de comprendre le plaisir qu’eut Wagner à séjourner ici.

Villa Les Artichauts, avant 1927
© Bibliothèque de Genève

Zoom

Hôtel Byron

Inauguré en 1841, l’Hôtel Byron emprunte son nom au célèbre poète qui avait séjourné dans la région en 1816. Situé tout près du Château de Chillon, il est alors le premier établissement de luxe dans la région du Haut Lac.

Richard Wagner, mais aussi Giuseppe Garibaldi ou Victor Hugo sont quelque-unes des nombreuses célébrités à séjourner dans l’établissement.

L’Hôtel Byron a été complétement détruit dans un incendie en 1933. Il ne reste aujourd’hui qu’une annexe, devenue un home pour personnes âgées.

Hôtel Byron
© Archives de Montreux, ICO, AM0150

Zoom

Hôtel Byron

Inauguré en 1841, l’Hôtel Byron emprunte son nom au célèbre poète qui avait séjourné dans la région en 1816. Situé tout près du Château de Chillon, il est alors le premier établissement de luxe dans la région du Haut Lac.

Richard Wagner, mais aussi Giuseppe Garibaldi ou Victor Hugo sont quelque-unes des nombreuses célébrités à séjourner dans l’établissement.

L’Hôtel Byron a été complétement détruit dans un incendie en 1933. Il ne reste aujourd’hui qu’une annexe, devenue un home pour personnes âgées.

Hôtel Byron
© Archives de Montreux, ICO, AM0150

Lettre Richard Wagner